Breitenbach (2024) (non mis en musique)
1/ Les sapins de Breitenbach Breitenbach de noirs sapins
Barrent la terre et nos chemins
Font de l'ombre au soleil d'été
Les vents la neige la froidure
Forgent nos cœurs dans la vallée
A couper notre pain est dur
Les sapins calment nos blessures
Les sapins calment nos blessures
A Breitenbach
Mon voisin l'apiculteur me
Redemande le pot de miel
Qu'il offre aux amoureux anxieux
Il rend leur butin aux abeilles
Qu'un frelon d'enfer paralyse
Dans la ruche qu'il a surprise
Les sapins calment nos blessures
Les sapins calment nos blessures
A Breitenbach
Le berger compte ses moutons
Pour la brebis qu'il a perdue
Comment lui faire la leçon
L'Evangile ou bien La Fontaine
Un loup à jeun et à l'affût
Mériterait bien cette aubaine
Les sapins calment nos blessures
Les sapins calment nos blessures
A Breitenbach
L'aubergiste Au Lapin gourmet
Lève la main pour assommer
L'animal propre à mon civet
Un garçonnet l'a arrêté
Il reçoit la bête qui bouge
Moi quelques oignons au vin rouge
Les sapins calment nos blessures
Les sapins calment nos blessures
A Breitenbach
Le curé me ferme l'église
Moi son unique paroissien
Pour des sans-papiers en dérive
A loger avec leurs gamins
A chauffer du bois centenaire
De prie-Dieu restés en jachère
Les sapins calment nos blessures
Les sapins calment nos blessures
A Breitenbach
A Breitenbach de noirs sapins
Barrent la terre et nos chemins
Font de l'ombre au soleil d'été
Les vents la neige la froidure
Forgent nos cœurs dans la vallée
A couper notre pain est dur
Les sapins calment mes blessures
Les sapins calment mes blessures
A Breitenbach
2. Le cimetière de Breitenbach
A Breitenbach le cimetière
Derrière sa grille de fer
Apaise nos jours et nos peines
Un merle siffle à la fontaine
Les sapins recouvrent les pierres
Notre terre est bonne et légère
Notre terre nous est bonne et légère
Notre terre nous est bonne et légère
A Breitenbach
La sage Alix la sacristaine
Qui n'aima que Jésus au ciel
Vit le diable au fond de l'église
Le reçut en toute franchise
Le matin d'une nuit d'amour
La pauvre mit fin à ses jours
Notre terre te soit bonne et légère
Notre terre te soit bonne et légère
A Breitenbach
Le sombre Benoît aux yeux d'or
Qui m'aima d'un amour si fort
Se maria un jour par dépit
Au vent de novembre il partit
Seul et sans un mot les mains nues
Nous ne l'avons jamais revu
Que la terre te soit bonne et légère
Que la terre te soit bonne et légère
Loin de Breitenbach
Heike la fière boulangère
Un beau matin me regarda
De quatre coups de revolver
Notre boulanger la tua
Le village n'a plus de pain
Et les gens me traitent de chien
Notre terre te soit bonne et légère
Notre terre te soit bonne et légère
A Breitenbach
Loreley la belle rebelle
Nous nous aimâmes mais si mal
Le vif-argent brûlait nos veines
Elle s'enfuit en Allemagne
Se perdit dans la Forêt Noire
Sur les chemins de sa mémoire
Que la terre te soit bonne et légère
Que la terre te soit bonne et légère
Loin de Breitenbach
A Breitenbach le cimetière
Derrière sa grille de fer
Apaise mes jours et mes peines
Le merle siffle à la fontaine
Les sapins recouvrent les pierres
Notre terre est bonne et légère
Cette terre me soit bonne et légère
Cette terre me soit bonne et légère
A Breitenbach
3. Le colporteur de Breitenbach
A Breitenbach un colporteur
Mais les gens ne savent pas qui
Jette au vent du soir ses rumeurs
Qui nous réveillent dans la nuit
D'un malveillant coup de tambour
Qui résonne en nous tout le jour
Colporteur de fausses nouvelles
Va-t-en sans nous chercher querelle
A Breitenbach
Dans les murs de la vieille église
On aurait trouvé un louis d'or
Nous avons mouillé la chemise
Nous avons dérangé les morts
Parmi les pierres pas encore
Nous n'avons trouvé de trésor
Colporteur de fausses nouvelles
Va-t-en sans nous chercher querelle
A Breitenbach
Croyez-vous qu'elles soient si sages
Les femmes de votre village
Les mystérieux sapins des Vosges
Ont souvent troublé leur visage
Le beau visage chaste et rose
Des femmes de notre village
Colporteur de fausses nouvelles
Va-t-en sans nous chercher querelle
A Breitenbach
Pourquoi leur fusil sous le bras
Croyez-vous naïves mesdames
Que vos chers maris vous réclament
De partir seuls ici ou là
Ils vont chez la veuve Laurette
Boire et chanter faire la fête
Colporteur de fausses nouvelles
Va-t-en sans nous chercher querelle
A Breitenbach
Assises près de la fontaine
Certaines nuits de pleine lune
Trois ombres vous disent chacune
Vos amours vos joies et vos peines
Reverrai-je jamais Benoît
Que j'ai tant aimé autrefois
Colporteur de fausses nouvelles
Va-t-en sans nous chercher querelle
A Breitenbach
A Breitenbach un colporteur
Mais les gens ne savent pas qui
Jette au vent du soir ses rumeurs
Qui me réveillent dans la nuit
D'un malveillant coup de tambour
Qui résonne en moi tout le jour
Colporteur de fausses nouvelles
Va-t-en sans me chercher querelle
A Breitenbach
5. Notre Dame de Breitenbach
Notre Dame de Breitenbach
Dans la chapelle des trois cerfs
Nous venons avec nos prières
Nous venons avec une offrande
O Marie notre confidente
Notre Dame de Breitenbach
Vierge Marie merci
Protégez-nous ailleurs et ici
A Breitenbach
Le quinze août 1823
Dans la forêt et aux abois
Un cerf une biche et leur faon
Se prosternèrent pieusement
Avec les chasseurs et leurs chiens
Devant votre autel et vos mains
Vierge Marie merci
Protégez-nous ailleurs et ici
A Breitenbach
Un miracle eut lieu à Noël
Des tirs allemands ou français
Mirent le feu à la chapelle
Les soldats jettent leurs fusils
On court arrêter l'incendie Et l'on s'embrasse dans la paix
Vierge Marie merci
Protégez-nous ailleurs et ici
A Breitenbach
Treize fois arrière-grand-mère
Le jour de son anniversaire
Après le crémant de la fête
Les tendres souhaits de bonheur
L'envol des angelots rieurs
En dormant mourut notre mère
Vierge Marie merci
Protégez-nous ailleurs et ici
A Breitenbach
Moi qui n'espère plus en Dieu
Gardez dans votre noble cœur
Ceux que j'aime et les malheureux
Les âmes broyées par l'horreur
Des guerres Gardez nos enfants
Pardonnez aussi aux méchants
Vierge Marie merci
Protégez-nous ailleurs et ici
A Breitenbach
Notre Dame de Breitenbach
Dans la chapelle des trois cerfs
Nous venons avec nos prières
Nous venons avec une offrande
O Marie notre confidente
Notre Dame de Breitenbach
Vierge Marie merci
Protégez-nous ailleurs et ici
A Breitenbach
6. Marie
iVoici l'histoire de Marie
Que Breitenbach a tant aimée
La fille chérie du pasteur
Sa mère en lui donnant la vie
Mourut Malheur Marie Bonheur
Breitenbach en a tant parlé
Danse et chante Marie
et danse et chante
Si légère on en pleure et si légère
A Breitenbach
A quinze ans Marie m'embrassa
Me prit la main et m'entraîna
Dans sa cabane au fond des bois
Sur un lit de feuilles en fleurs
Me confia son cœur et ses bras
Elle était belle et j'ai eu peur
Danse et chante Marie
et danse et chante
Si légère on en pleure et si légère
A Breitenbach
A vingt ans Marie se maria
Céda sa main fragile au maire
Homme puissant et sans manière
Leur sourire était sans éclat
J'étais en terres étrangères
A jouer à qui gagne perd
Danse et chante Marie
et danse et chante
Si légère on en pleure et si légère
A Breitenbach
Un soir d'hiver Marie mourut
Malgré l'amour de ses enfants
D'une maladie inconnue
Qui la rongeait depuis longtemps
Je chevauchais en Argentine
Riais avec ma concubine
Danse et chante Marie
et danse et chante
Si légère on en pleure et si légère
A Breitenbach
Qui m'a dit la mort de Marie
Personne ou bien la Cordillère
Des Andes si blanche ou la mer
Que tu rêvais de voir Marie
Je suis revenu sans lumière
A Breitenbach ma douce-amère
Danse et chante Marie
et danse et chante
Si légère on en pleure et si légère
A Breitenbach
C'était l'histoire de Marie
Que Breitenbach a tant aimée
La fille chérie du pasteur
Sa mère en lui donnant la vie
Mourut Malheur Marie Bonheur
Breitenbach en a tant parlé
Danse et chante Marie
et danse et chante
Si légère et j'en pleure si légère
A Breitenbach
4. Les cigognes de Breitenbach
Les cigognes de Breitenbach
Reviennent de l'ardente Afrique
De leurs becs font un tintamarre
Dans la petite république
En nous promettant le bonheur
Elles nous embrouillent le cœur
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
A Breitenbach
Les enfants jouent au méchant loup
Aux gendarmes et aux voleurs
Ils hurlent et rient à faire peur
Et sautent à se casser le cou
Lundi soir j'étais l'un des leurs
Et mardi leur souffre-douleur
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
A Breitenbach
Sur leurs chaises les vieilles gens
Sourient à l'ombre de l'église
Paroles tendres et indécises
Que brouille le souffle du vent
Les yeux secs et privés de pleurs
L'âge m'en a tari le cœur
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
A Breitenbach
Et vos femmes racontez-moi
Ont-elles le sein tendre ou froid
Des yeux ou des lèvres de glace
Dansent-elles sur la grand-place
Vous murmurent-elles Venez
Quand on leur demande un baiser
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
A Breitenbach
Qui suis-je moi et mes histoires
Dans le cloître de ma mémoire
Les ai-je rêvées en silence
Ai-je aimé je me le demande
Les doigts rivés sur ma guitare
Ai-je vécu à Breitenbach
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
Le bonheur passe et ne s'arrête pas
A Breitenbach
Les cigognes de Breitenbach
Reviennent de l'ardente Afrique
De leurs becs font un tintamarre
Dans la petite république
En nous promettant le bonheur
Elles m'embrouillent bien le cœur
Et sans s'arrêter les cigognes passent
Et sans s'arrêter les cigognes passent
A Breitenbach
8. La fleuriste de Breitenbach
Le fleuriste est un mécréant
Il morigène les croyants
L'imam le rabbin le pasteur
En leur offrant de simples fleurs
Rendez donc à Dieu ses mystères
Le paradis est sur la terre
Rendez donc à Dieu ses mystères
Gens de Breitenbach
Le paradis est sur la terre
De Breitenbach
Notre sage femme a donné
Souvent la vie dans le village
Ses doigts de fée et ses breuvages
Mitonnent de jolis bébés
De sottes langues disent que
Les maris se noient dans ses yeux
Rendez donc à Dieu ses mystères
Gens de Breitenbach
Le paradis est sur la terre
De Breitenbach
La gitane et son tambourin
Aux yeux aveugles et lointains
Vit et danse dans la forêt
Parle et chante avec les oiseaux
Apaise la vie aux aguets
Des petits et grands animaux
Rendez donc à Dieu ses mystères
Gens de Breitenbach
Le paradis est sur la terre
De Breitenbach
Notre gendarme nous protège
Mais il a mauvaise conscience
Voleurs de poules et de pain
Avec leurs enfants qui ont faim
Il ouvre sa bourse et l'allège
Et fait taire les doléances
Rendez donc à Dieu ses mystères
Gens de Breitenbach
Le paradis est sur la terre
De Breitenbach
Lorsque voyage sa patronne
L'hôtesse de la Sauvageonne
Offre le gîte et le couvert
A des gens seuls et malheureux
Guitare et chansons populaires
Pour égayer l'âme et les yeux
Rendez donc à Dieu ses mystères
Gens de Breitenbach
Le paradis est sur la terre
De Breitenbach
Le fleuriste est un mécréant
Il morigène les croyants
L'imam le rabbin le pasteur
Moi de même en m'offrant ses fleurs
Rends donc à Dieu ses mystères
Ton paradis est sur la terre
Rendez donc à Dieu ses mystères
Gens de Breitenbach
Le paradis est sur la terre
De Breitenbach
7. Le curé de Breitenbach
Notre curé de Breitenbach
Est un singulier personnage
L'Evangile et ses paraboles
Chantent dit-il la carmagnole
Un grand cœur un sacré courage
Notre curé de Breitenbach
Homme de Dieu il ne parle guère
Du ciel
Il est le Bon Dieu sur la terre
De Breitenbach
Il hébergea au presbytère
Loreley la femme adultère
Que nous avions tous embrassée
Quand son mari désabusé
Sur la grand-place l'insulta
La gifla et nous la donna
Homme de Dieu il ne parle guère
Du ciel
Il est le Bon Dieu sur la terre
De Breitenbach
Il visitait à l'hôpital
Le forgeron qui se mourait
D'un sida de fièvre et de froid
Aucun de nous ne l'approchait
Après un baiser amical
Il le réchauffait dans ses bras
Homme de Dieu il ne parle guère
Du ciel
Il est le Bon Dieu sur la terre
De Breitenbach
Les vieilles dames sans visage
Dont nous espérons l'héritage
Il les fait danser et chanter
Après la messe du dimanche
Le joli vin blanc les enchante
Les rajeunit les fait pleurer
Homme de Dieu il ne parle guère
Du ciel
Il est le Bon Dieu sur la terre
De Breitenbach
Pour causer du mal et de Dieu
Nous dînons chez lui tous les deux
Par hasard le jour gris des Cendres
Poularde au riesling parfumée
Car plus précieuse est l'amitié
Dit-il que Mercredi des Cendres
Homme de Dieu il ne parle guère
Du ciel
Il est le Bon Dieu sur la terre
De Breitenbach
Notre curé de Breitenbach
Est un singulier personnage
L'Evangile et ses paraboles
Devraient être ma carmagnole
Un grand cœur un sacré courage
Notre curé de Breitenbach
9. Des gens de Breitenbach
A Breitenbach on rit on pleure
On aime comme partout ailleurs
On vit d'argent on vit de rêve
Faire un faux pas dans les ornières
Ou lancer la première pierre
Fariboles la vie est brève
Fariboles la vie est brève
Breitenbach
La vie est brève comme partout ailleurs
A Breitenbach
Le boulanger dans son fournil
Pétrit une pâte fertile
Ses miches de fesse et de sein
Nous régalent chaque matin
J'en mange toute la journée
Quand je suis seul et contrarié
Fariboles la vie est brève
A Breitenbach
La vie est brève comme partout ailleurs
A Breitenbach
La filandière centenaire
Aux doigts raides et déformés
File la paille pour en faire
Des rubans d'or pour les mariés
Elle s'en ira au cimetière
Les poches pleines de billets
Fariboles la vie est brève
A Breitenbach
La vie est brève comme partout ailleurs
A Breitenbach
Pour couvrir de mille baisers
L'homme qui le rapportera
La Mère Michel perd son chat
Je le trouve souvent chez moi
Je lui rends son diable de chat
Et me dérobe à ses baisers
Fariboles la vie est brève
A Breitenbach
La vie est brève comme partout ailleurs
A Breitenbach
e facteur écrit des poèmes
A Lucie qu'en secret il aime
Il en poste chaque semaine
Sans signature et sans rien dire
De ses rêves et de sa peine
Lucie une lettre un sourire
Fariboles la vie est brève
A Breitenbach
La vie est brève comme partout ailleurs
A Breitenbach
A Breitenbach on rit on pleure
On aime comme partout ailleurs
Je vis d'argent je vis de rêve
Faire un faux pas dans les ornières
Ou lancer la première pierre
Fariboles la vie est brève
Fariboles la vie est brève
A Breitenbach
La vie est brève comme partout ailleurs
A Breitenbach
10. Breitenbach les Alsaciens
Breinbach le village et l'Alsace
Les guerres ont déraciné les frontières
Français tantôt et tantôt Prussiens
Les Alsaciens
Ont toujours eu la France rivée au cœur
Avant le baiser du soir
Nos grands-parents nous racontent l'Histoire
De Breitenbach et des Alsaciens
Du côté de mon père
Trois oncles paysans émigrèrent
Aux Etats-Unis le cœur fier
Nourrir les migrants de leur pain
Maçonner New York de leurs mains
L'un épousa la boulangère
Les autres revinrent amers
Avant le baiser du soir
Nos grands-parents nous racontent l'Histoire
De Breitenbach et des Alsaciens
Du côté de ma mère
De petits bourgeois catholiques
A la maison remplie d'ouvrages
En français latin et gothique
Un piano droit selon l'usage
Malgré-nous chez les Allemands
Et Stalingrad à bout portant
Avant le baiser du soir
Nos grands-parents nous racontent L'Histoire
De Breitenbach et des Alsaciens
Du côté de mon père
Ma grand-mère est toujours en noir
Son jardin poules et lapins
L'occupent du matin au soir
Mon grand-père est mort à la guerre
Avec son frère et ses cousins
Sans médaille et sans cimetière
Avant le baiser du soir
Nos grands-parents nous racontent l'Histoire
De Breitenbach et des Alsaciens
Du coté de ma mère
A l'école on est allemand
On articule ses leçons
Pour un mot français le bâton
Nos lointains parents en secret
Apprennent tous à leurs enfants
A lire et parler en français
Breitenbach le village et l'Alsace
Les guerres ont déraciné les frontières
Français tantôt et tantôt Prussiens
Les Alsaciens
Ont toujours eu la France rivée au cœur
Avant le baiser du soir
Nos grands-parents nous racontent l'Histoire
De Breitenbach et des Alsaciens
11. Breitebach mon enfance
Il y a des Breitenbach qui meurent
Dans leurs belles maisons de pierre
Il y a des Breitenbach qui vivent
Dans les profondeurs de nos cœurs
Breitenbach est notre village
Je me rappelle mon enfance
L'envie de vivre après la guerre
Quand nos pères souffrant l'enfer
Avaient chassé avec courage
Ces fiers Allemands de la France
Il y a des Breitenbach qui meurent
Dans leurs belles maisons de pierre
Il y a des Breitenbach qui vivent
Dans les profondeurs de nos cœurs
Je me rappelle la maison
La table en bois et la cuisine
Le bol de lait et les tartines
L'encre la plume et les crayons
Le gros savon noir de Marseille
L'orange le soir de Noël
Il y a des Breitenbach qui meurent
Dans leurs belles maisons de pierre
Il y a des Breitenbach qui vivent
Dans les profondeurs de nos cœurs
Marie est la vierge Marie
Entre le bœuf et l'âne gris
C'est la plus sage de l'école
Saint Joseph c'est le petit Paul
Et moi je pleurais en secret
La jolie Marie que j'aimais
Il y a des Breitenbach qui meurent
Dans leurs belles maisons de pierre
Il y a des Breitenbach qui vivent
Dans les profondeurs de nos cœurs
Mon père était l'instituteur
Toujours sévère juste et bon
Dans sa classe et à la maison
Ma mère chantait des chansons
Le soir nous les chantions en chœur
Mon frère et moi et nos trois sœurs
Il y a des Breitenbach qui meurent
Dans leurs belles maisons de pierre
Il y a des Breitenbach qui vivent
Dans les profondeurs de nos cœurs
12. Il y a des Breitenbach
Il y a des Breitenbach qui vivent
Dans de grandes maisons de pierre
Nombreuses fois centenaires
Il y a des Breitenbach qui meurent
De leur mort naturelle
Breitenbach les vieilles gens meurent
Les mains usées les yeux glacés
L'église sonne la rumeur
Le curé fait un beau discours
Mais qui dira le Dieu d'amour
Lorsque mourra le vieux curé
Il y a des Breitenbach qui vivent
Dans de grandes maisons de pierre
Nombreuses fois centenaires
Il y a des Beitenbach qui meurent
De leur mort naturelle
Les messieurs de la ville achètent
Nos maisons sur un coup de tête
Ils condamnent le coq à mort
Puisqu'il chantait l'aube si fort
Nos belles cloches au silence
Pour être à l'aise le dimanche
Il y a des Breitenbach qui vivent
Dans de grandes maisons de pierre
Nombreuses fois centenaires
Il y a des Beitenbach qui meurent
De leur mort naturelle
Longtemps déjà de mes amis
Lointains je n'ai plus de nouvelles
De mes amis proches non plus
Lettres appels et mes courriels
Au fil des ans se sont perdus
Que sont devenus mes amis
des Breitenbach qui vivent
Dans de grandes maisons de pierre
Nombreuses fois centenaires
Il y des Breitenbach qui meurent
De leur mort naturelle
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
La tristesse de Rutebeuf
Depuis des siècles m'a hanté
Depuis des siècles rien de neuf
Notre vie n'est que vanité
Il y a des Breitenbach qui vivent
Dans de grandes maisons de pierre
Nombreuses fois centenaires
Il y a des Breitenbach qui meurent
De leur mort naturelle